La montagne

 

Chaque jour, le livreur traverse la montagne.
Mais aujourd’hui, il doit faire une petite pause.

Comme c’est bizarre.
Ce n’est pas par ici. Ni par là.
Impossible de retrouver son chemin.
Et il n’y a personne pour l’aider. Il est seul.

Seul avec les arbres. Seul avec les fleurs et les aigles.
Seul avec la rivière, les pierres et les poissons.
Seul avec la montagne.

Ah mais voilà…C’était là.
Bizarre.

Voici en quelques lignes l’histoire de La montagne, de Carmen Chica et Manuel Marsol (aux éditions Les Fourmis Rouges), un album au texte plus que minimaliste,  où les illustrations étonnantes  s’emparent de la narration.
Certes le petit livreur est « seul avec la montagne », mais il ne réalise pas à quel point la montagne l’accompagne.

Mais revenons à la page couverture de cet album tout en hauteur, format parfaitement adapté à l’idée de la montagne: le personnage est assis au sommet sur des rochers moussus, l’air un peu perdu ou rêveur, face au ciel bleu, clair et dégagé.
Les pages de garde intéressantes offrent un cadrage qui prend du recul sur l’image de page couverture, dévoilant une vie humaine dans la vallée, où l’on aperçoit un petit village. Elles indiquent par ailleurs deux moments différents de la journée, suivant en cela la temporalité de la narration.

À force de traverser quotidiennement la montagne, sans doute le petit livreur ne voit-il plus la beauté qui l’entoure. Il aura l’occasion, en cette belle journée, d’en apprécier toutes les facettes, à commencer par le bonheur de faire pipi dans la nature ! Rêve-t-il tant déjà, accroupi dans l’herbe, pour en perdre ses points de repères et ne plus retrouver le chemin de son camion?

À partir de ce moment là, nous errons avec lui, dans et avec la montagne. Le ciel a disparu, caché par la densité des immenses pins bleu-verts et le sommet des monts. C’est si touffu que notre petit livreur n’aperçoit pas ce petit être curieux et malicieux aux yeux rouges vifs, deux minuscules phares dans la nuit. Il se pense seul mais nous, lecteur rassuré, savons désormais qu’il est accompagné de ce regard, ainsi que des animaux qui vont et viennent autour de lui.

Est-ce le pouvoir de ces deux yeux qui le guident à travers les monts ? Quoi qu’il en soit, l’imaginaire s’emballe, déformant ses visions, interprétant ce que les sens amplifient: regarder dans le trou d’un arbre, toucher l’écorce, plonger la main dans la rivière… Tout geste se métamorphose. Lui -même devient une sorte de yéti aux couleurs de son chandail, qui atteindra le sommet de la montagne pour s’y délecter. On le sent libre, se laissant chatouiller par la douceur de l’herbe, appréciant le délicieux parfum des baies sauvages.
-C’est le 7e ciel !
-Vous ne croyez pas si bien dire, car au sens propre, le ciel réapparait.

L’errance se termine en douceur grâce aux petits yeux rouges qui le guident. Quand il retrouve son camion, le ciel est rougeoyant. Peut-être est-ce simplement son chandail rouge déformé qui lui donnait une apparence animale?
Que reste-t-il de son aventure ? Quelques brins d’herbe accrochés sur sa tuque.
Et à nous lecteur, il reste ce voyage au coeur d’une nature généreuse remplie de surprise et dominée par de magnifiques nuances de vert et de bleu.

Merci, petit livreur, de t’être arrêté au bord du chemin. Grâce à toi, le temps s’est étiré dans ces espaces montagneux avec un immense plaisir et l’on souhaite que cela arrive encore.
Qu’il est bon de se perdre, parfois!

Manuel Marsol a remporté le 8e Prix International de l’Illustration lors de la Foire du Livre de Bologne 2017 pour son travail sur La Montagne.

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Histoires d’amis et d’amies aussi

Histoires d’amis et d’amies aussi

« L’amitié c’est l’aventure, l’inconnu, l’apprivoisement, la surprise mais aussi la fidélité. La preuve par cinq histoires.
Voici ce qu’annonce la 4e de couverture de Histoires d’amis, cinq histoires  de  Grégoire Solotareff, réunies en un recueil. Histoires d’amis et d’amies aussi, de l’un des auteurs illustrateurs les plus prolifiques de la littérature jeunesse, le papa de Loulou mais aussi l’éditeur de la collection Loulou & Cie pour les tout-petits.

Il est vrai que Grégoire Solotareff n’en finit jamais d’explorer ce thème si proche des enfants, à l’âge où, dans la cours de récréation les amitiés se nouent, se dénouent et se renouent, se croisent et rivalisent, se jalousent ou se moquent. À travers ses histoires, on assiste à des amitiés improbables ou mises à rude épreuve, mais aussi des amitiés où la connivence peut aller jusqu’à sauver la vie de l’autre (Le Chat Rouge). À deux, c’est toujours mieux.

L’école des loisirs a pris soin de réunir des histoires qui reflètent cinq périodes  de cet artiste. Un atout fabuleux lorsqu’on veut faire découvrir l’univers d’un créateur aux enfants. De la plus ancienne Quand je serai grand je serai Père Noël au Chat rouge, les amitiés se qui se tissent sont parfois naturelles, parfois le hasard des évènements extraordinaires de la vie. Ainsi en est-il de la rencontre entre un petit éléphant et le roi des animaux qui l’accueillera, et le repoussera plus tard. Mais un jour, ce sera au tour du roi devenu mendiant d’être recueilli par l’éléphant, au nom de l’amitié, dans Toi grand et moi petit. Ou  ces 3 sorcières prises au dépourvues par la bonne humeur de deux enfants qui leur feront vivre une extraordinaire métamorphose. Ou encore cette sorcière du Chat rouge qui expulsera le méchant loup et offrira (contre toute attente) aux deux chats amoureux une vie confortable. Quant à Loulou et Tom, on le sait, leur amitié improbable est souvent mise à rude épreuve, le caractère entier et sauvage de Loulou l’incitant parfois à retrouver l’errance des grandes forêts (cf. Plus fort que le loup ou À l’école des loups).

Le travail pictural de Grégoire Solotareff dans ses livres pour enfants, a un caractère bien particulier. Son style  minimaliste y est emprunt d’une forte touche  expressionniste:   ses couleurs vives souvent irréelles  rappellent les peintres fauves (ciel rouge, arbres mauves, terre jaune),  le trait noir du dessin donne le volume nécessaire aux personnages et évoque le travail d’un Cézanne (cf. les fruits sur la table dans Toi grand et moi petit),  quant aux les lignes diagonales qui se croisent à l’horizon, elles apportent  dynamisme et mouvement.
De tout cela résulte une importante force émotive des illustrations. Certaines sont telles que l’on ferait presque silence. Je pense au départ du petit éléphant devenu trop grand pour le roi dans Toi grand et moi petit. « Il faut que tu t’en ailles car je n’ai plus l’impression d’être le roi ». Ce à quoi l’éléphant répond: « Si c’est vraiment ce que tu veux, je m’en vais. » Et il s’en va. Je vous assure qu’à la lecture de ce passage, les enfants font silence, pris par l’émotion.

Dans ces espaces non définis, on trouve bien quelques troncs d’arbres symbolisant la forêt et de rares maisons, mais cela ressemblerait plutôt à un décor de théâtre où la lumière projette des ombres expressives. Les cadrages quant à eux animent sans cesse l’intérêt porté aux illustrations:  vision vertigineuse pour mieux s’envoler, ou contre plongée pour mieux se cacher et voir  un autre dévaler  des pentes.

Ces cinq histoires qui font clairement référence à l’univers des contes, vous  permettront de revoir l’oeuvre de Grégoire Solotareff. Et au-delà du thème de l’amitié, vous verrez qu’il  révèle aux enfants un autre thème très important, celui de la quête identitaire. À travers notre relation aux autres, qui sommes-nous ?

Dans l’introduction poétique à cette anthologie, l’auteur y évoque cet extrait que je partage avec vous pour conclure. C’est d’une telle force et d’une telle évidence pour un enfant ! : « Bon alors, et maintenant qu’est-ce qu’on fait?  »
Le roi répond : « Et maintenant on continue à jouer. »

De temps en temps, l’école des loisirs, publie des recueils avec quelques histoires essentielles d’un auteur  marquant. Il y en a eu  pour Tomi Ungerer, Corentin, Olga Lecaye, Arnold Lobel, …En 2017, ce fut le tour de Grégoire Solotareff avec Histoires d’amisQui sera le prochain ou prochaine élu(e) ?

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Le recueil contient les histoires suivantes qu’il est possible d’acheter séparément :
Quand je serai grand je serai le Père Noël
Loulou
Toi grand et moi petit
3 sorcières
Le chat rouge

…………………………À lire dans le prochain article: LA MONTAGNE , une promenade magique et solitaire

Ah, les belles folies de Ponti!

Ah, les belles folies de Ponti!

De la vallée des Touim’s (Ma vallée, 1998) à la folle course en livre (La course en livre, 2017), Claude Ponti crée un univers unique, un peu fou pour certains, déconcertant pour d’autres, ludique sans aucun doute, fascinant pour les enfants et tous ceux qui ont la capacité d’être connecté l’enfant qu’ils ont été. Ou celui qu’ils auraient aimé être.
Oui, heureusement, dans le monde des livres jeunesse, il y a quelques fous de la trempe d’un Ponti et il n’y en a pas tant que cela, alors profitez-en! Et profitez de leur douce folie.

La prose poétique (et donc musicale) qui se mêle aux représentations fantastiques des histoires de Claude Ponti, tour à tour étonne ou amuse les enfants. Mais cet auteur a surtout le pouvoir de les toucher, droit au coeur. Sans doute par la libération d’un imaginaire sans limite accompagné du plaisir du délire.
Mais aussi et surtout, je crois, parce qu’il donne à ses petits héros  une force vitale proche de la survie. Ils portent en eux ce courage et une certaine « inconsciente » confiance dans leur fragilité, parce que Ponti leur permet de vivre des évènements incroyables, terribles et délicieux, tout cela à la fois. De la folie, jamais de mièvrerie. Dans une société qui a tendance à censurer, uniformiser, formater, ça fait vachement du bien!

Claude Ponti est  amoureux fou des enfants. On le sent à travers ce qu’il leur permet de vivre. Il les autorise à tout ou presque : partir, revenir, courir, affronter les dangers, chercher, rencontrer, s’étonner,  être astucieux, être amoureux. Il les autorise à la plus grande liberté qui soit. C’est pour cela qu’il ne faut jamais oublier de présenter ses livres aux enfants! N’en déplaise à certaines grandes personnes qui les trouvent  trop…compliqués ? (elles ne savent peut-être pas se laisser aller), durs? (ah oui? pourtant la vie même dans une cour de récréation n’est pas si facile),  effrayants ? (pas plus que le loup qui dévore le petit Chaperon Rouge). Ils oublient que les enfants trouvent dans cette douce folie de quoi rassasier leurs émotions, leurs fantasmes, leurs rêves, puisque tout est possible.

Avez-vous déjà observé un petit qui découvre un livre Claude Ponti? Il est littéralement hypnotisé et suit pas à pas les chemins empruntés par le héros. Quitte à se perdre avec lui, quitte à marcher sur des échelles imaginaires, quitte à ne pas tout comprendre. Mais c’est aussi cela, la lecture, n’est-ce pas ? Attendre que les choses aient du sens. Ne pas savoir où l’histoire nous mène. Deviner, anticiper ou se laisse surprendre.
Les héros ont une telle force qu’ils obligent Ponti à inventer des mots pour mieux préciser les choses, ils ont une telle force que dans leur monde, les champignons ou les pierres parlent. Et peu à peu, le texte se révèle grâce aux illustrations. C’est du boulot de lire du Ponti!!

Certes, le fil de ses histoires n’est pas toujours joyeux: pauvreté (Schmelélé), rejet (Okilélé), maltraitance (Mô-Namour), fin du monde (Bih-Bih et le Gouffron-Bouffron),…Pourtant jamais de pathos ni de lourdeur de sentiments. Il laisse ses personnages aller jusqu’au bout de leurs aventures et de leurs moyens pour mieux rebondir, et mieux revenir, car on en revient toujours. Il est là, le message important, si message il y a. Ponti imagine des héros capables  d’explorer  seuls leurs démons, de prendre des risques et de s’en sortir admirablement. Il y a toujours une solution, réelle ou magique.

Les illustrations de Claude Ponti prennent parfois des formes inattendues, imprévisibles, angoissantes ou accueillantes selon le moment de l’histoire. Elles jouent évidemment un rôle très important. Elles expriment la forme que prend la vie autour de nous selon nos émotions. Un peu comme Anthony Browne qui va jouer sur une transformation surréaliste du décor, Claude Ponti propose un univers en métamorphose constante qui permet aux personnages de trouver des portes ou des passages pour fuir ou se cacher. Du coup, tout peut prendre vie car tout est nécessaire. Et l’imagination est sans limite. Observez, dans L’avie d’Isée, la beauté du voyage dans des architectures éblouissantes !

Il y aurait tellement à dire. J’en perds la notion du temps. Un article de blogue se doit d’être court. Mais un mot encore, concernant son dernier album, La course en livre, joli prétexte pour revenir sur l’ensemble de son travail. Je me suis demandé comment il en était arrivé là, Claude Ponti, à faire une course en livre, au bout d’une centaine de livres. La réponse logique serait tout simplement « pour se marrer dans un livre ». Mais j’y  décèle aussi l’admiration de l’auteur envers les enfants qui plongent dans la lecture, s’y délectent ou s’y perdent. C’est sacrément complexe de lire ! Décoder, comprendre, articuler, revenir en arrière pour se rappeler des trucs de l’histoire ou revoir des choses qui nous avaient échappé, avoir envie de fermer et recommencer. Ou s’autoriser à ne regarder que les illustrations. Quelle excitation pour le cerveau! Quelle espace de liberté incroyable. Claude Ponti, c’est ça son secret. Donner envie de lire parce qu’on relit. Oser partir à l’aventure et se rencontrer nous-mêmes pour mieux revenir. Et puis, que craindre dans un livre ? Dans La course en livre p.54, on peut lire: « impossible d’être prisonnier d’un livre, on sort quand on veut. C’est Blaise le poussin masqué qui le dit, donc c’est vrai. »

Bibliographie totale sur le site de l’éditeur

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Je garde un faible avec Ma Vallée, belle entrée en matière dans le monde de Claude Ponti. Mes coups de coeur vont aussi vers Schmélélé, Okilélé, L’Avie D’Isée, L’arbre sans fin, Le Non ou Dans rien (Tromboline et Foulbazar), Blaise et le château d’Anne Hiversère...en fait j’ai du mal à m’arrêter.

Prochain article:  Histoires d’amis de Grégoire Solotareff

Profession Crocodile, vers un prix sorcières 2018 ?

Parmi les lauréats des prix Sorcières 2018 dans la catégorie Carrément Beau mini , je vous présente Profession crocodile, une histoire sans paroles de Giovanna Zoboli mise en images par Mariachiara di Giorgio. Traduit de l’italien, l’album conserve quelques détails trahissant son origine (nom de magasins, journal…) pour notre plus grand régal.
Tout commence sur les pages de garde, la nuit. Deux singes vivent leur vie au milieu de plantes tropicales. Sinon, on entre dans  la vie d’une personne comme tout le monde…Heu pardon, ce n’est pas une personne, c’est un crocodile.
« And this is my way… » chantait Sinatra 🙂

Et comme tout le monde, il se lève, se brosse les dents, s’habille, prend les transports en commun et part travailler. Bon c’est ici que le « comme tout le monde » s’arrête car son métier est de prendre sa place au zoo pour la journée pour se faire admirer des passants. Intéressant angle de vue. Il est vrai que la vie des animaux dans un zoo est soumise à celle des humains qui s’en occupent. Leur rythme dénaturé suit celui de notre espèce.

Au-delà de ce point de vue, ce qui fait l’intérêt de cet album à l’italienne, est bien sûr le fait qu’il soit sans texte. Le récit mené par l’image permet au lecteur de suivre avec intérêt cette première heure de la journée du crocodile grâce à une multitude de détails amusants, étonnants et intrigants. Notre crocodile  rêve dans son lit d’être allongé dans son marigot, la tête reposant sur un morceau de bois qui flotte, quand le réveil sonne. Et c’est parti !
C’est un crocodile qui a du goût. Au mur de sa chambre, trône un joli portrait inspiré de La Grande Odalisque d’Ingres mais revu façon Matisse. Il prend son temps pour choisir sa cravate, met son manteau puis court attraper le métro. Sur le parcours, quelques vitrines attirent son attention et nous font sourire comme celle du marchand de brosse à dents. Autour de lui, la foule se presse pour aller travailler. Parmi les humains quelques animaux qu’il retrouvera sans doute dans son milieu de travail.

L’illustratrice varie les cadrages intelligemment. Nous sommes parfois de dos, entrain de suivre le crocodile, parfois à l’intérieur d’un magasin l’observant regarder la vitrine ou encore sur le quai à le voir partir dans le wagon du métro. Les gens sont absorbés par leur lecture, leur musique, les enfants se font des grimaces…Le crocodile passe inaperçu. L’illustratrice glisse malicieusement de nombreux détails humoristiques. Sa palette est chaude et les couleurs sont sans doute appliquées à la gouache et l’aquarelle. Quelque traits à la plume relèvent justement certains de ces détails.

Lorsqu’il sort du métro, il achète des fleurs, ce qui pourrait nous mettre sur une fausse route. Va-t-il retrouver sa fiancée ? Va-t-on enfin s’évader de la grande ville? Et voici qu’ il achète un poulet rôti, fait signe de la patte au dépanneur du coin et hop,  le lecteur se retrouve dans les airs, à regarder le crocodile traverser une grande place pavée.
Il offre ses fleurs à celle qui, nous le comprenons peu à peu, est la gardienne du parc. Il passe devant la cage aux singes, et se prépare pour la journée comme s’il allait à la piscine. Il range son poulet dans son casier, se déshabille, met une serviette autour de sa taille, s’étire. Il est prêt. Il mangera son poulet à l’heure du lunch. Il se met nu et s’installe au bord de sa « piscine » pour faire le méchant avec ses grandes dents.

Se dégage, il est vrai, une certaine poésie dans ce récit qui peut faire réfléchir à nos habitudes. Mais il y a aussi quelque chose de nostalgique. Si aucun message moralisateur n’est mis de l’avant, on ne peut s’empêcher de se demander en tant que lecteur  : mais que faisons-nous de nos animaux?

Bonne chance et longue vie à Profession crocodile! Acheter  Profession crocodile

Ah oui, à celles et ceux qui ne connaitraient ni Ingres ni Matisse, voici les tableaux de référence évoqués au début de l’article:

Le livre sur la page de l’éditeur